
Daniel
Barbier franchisé · Les Garçons Barbiers Reims
Du Mexique à la rue Buirette
Daniel n'a pas choisi le métier de barbier : c'est le métier qui l'a accompagné dans une période charnière de sa vie. Au Mexique, après avoir quitté la fac et le foyer familial, c'est un ami qui lui ouvre les portes d'un salon. Il y apprend le métier en alternance et décroche sa licence de barbier, un diplôme d'État obligatoire pour exercer là-bas. Son patron de l'époque lui laisse une place au chaud. Mais Daniel a déjà la tête en France.
Arrivé en France par amour, il traverse la période du Covid sans diplôme reconnu. Il en tire une leçon à sa manière : il achète les manuels, se prépare seul pendant six mois et décroche l'équivalence française en candidat libre. « Il faut y aller. Tout ce que tu peux prendre, tu le prends » : la valeur travail, héritée de ses parents et de son pays, ne l'a jamais quitté.
La rencontre avec Les Garçons Barbiers
En 2021, Thierry, le fondateur, tombe sur son CV par un heureux hasard : un filtre géographique oublié sur le site de Pôle emploi. Le profil old school de Daniel tape dans l'œil. Même vision du métier, même goût du salon traditionnel. Daniel rejoint le premier salon de la maison, rue Saint-Lazare, où il exerce trois ans.
Puis vient le moment décisif. Alors que Daniel traverse une passe difficile et songe à tout arrêter, c'est Thierry qui le pousse vers l'avant : reprendre La Paix, l'institution rémoise au fauteuil depuis 70 ans, et en faire la 4e adresse des Garçons Barbiers. Les banques parisiennes suivent un projet solide, et Daniel devient partenaire du réseau. « On n'est pas vraiment une franchise, ça reste familial. » Tout l'esprit maison est là.
Sa signature : le vrai coupe-chou
La spécialité de Daniel, c'est le rasage à l'ancienne au véritable coupe-chou. La vraie lame, qu'il affûte lui-même à la pierre et au cuir, et dont il a transmis l'entretien à toute son équipe. « 90 % d'un bon rasage, c'est la préparation de la peau », répète-t-il : serviettes chaudes, savonnage monté en mousse épaisse, et seulement ensuite la lame. Un savoir-faire devenu rare, qui fait venir des clients de tout Reims.
Le salon de toutes les générations
Rue Buirette, quatre fauteuils tournent presque sans interruption. Daniel et ses trois barbiers diplômés y reçoivent des bébés aux grands-pères, parfois quatre générations d'une même famille. Certains clients se faisaient déjà coiffer ici du temps de l'ancien propriétaire : « Cet endroit, je ne le changerai jamais. Je venais ici en tenant la main de mon père. » C'est cette transmission-là que Daniel a reprise à son compte, avec un principe simple : ici, vous n'êtes pas un numéro.
Hors du salon
Guitariste et contrebassiste dans des groupes de rockabilly, amateur de workwear et de belles matières (denim, cuir, tout ce qui porte une histoire et un savoir-faire), Daniel vit la tradition jusque dans ses passions. Ça ne s'invente pas.
