
Thierry
Fondateur · Les Garçons Barbiers
Tout commence par une huile à barbe payée trop cher
2015. Thierry rentre des États-Unis, où il a vécu un an, avec une barbe à entretenir et plus une goutte d'huile. Son barbier n'en a plus non plus et l'envoie dans une boutique voisine. Il y achète une huile et une brosse sans demander le prix ; à la caisse, on lui annonce 90 euros. Il paie, un peu honteux, sort, dégaine son téléphone : le produit en vaut quinze. Le soir même, il raconte l'histoire à une tablée de copains. Les rires passés, l'un d'eux lui lance : tu as vécu aux États-Unis, tu as voyagé, tu connais tous les produits, pourquoi tu ne crées pas le site qui les réunit ? L'idée des Garçons Barbiers venait de germer.
Le site qui a fait entrer les grandes marques du grooming en France
Thierry se met à 100 % dans le projet, comme dans tout ce qu'il entreprend. Le site rassemble le meilleur de ce qu'il a découvert de ses voyages : Les Garçons Barbiers sont les premiers à vendre en France les pommades Reuzel des barbiers de Schorem, les peignes de la maison Kent, fournisseur officiel de la couronne d'Angleterre, les coupe-choux de fabrication française Thiers-Issard, les tondeuses Wahl. Il y a dix ans, un tel site n'existait pas ; la barbe revient en force, et la maison démarre fort.
De l'écran au fauteuil : Saint-Lazare, 2016
Le site tourne, mais Thierry est un homme seul derrière son écran, lui qui aime avant tout les relations humaines. La suite s'impose : une vraie boutique, où les produits rejoignent le service. Il rencontre Guillaume, et ouvre en 2016 le premier salon Les Garçons Barbiers au 13 rue Saint-Lazare. Deux fauteuils seulement, un carnet de rendez-vous complet un mois à l'avance, et vingt à trente clients refusés chaque jour : Paris attendait ses barbiers.
Châtelet, l'histoire de famille
En 2018, la maison ouvre son navire amiral au 4 boulevard de Sébastopol. L'adresse n'est pas choisie au hasard : c'est la boutique où le père de Thierry a vendu des costumes pour hommes toute sa carrière. À l'approche de sa retraite, il aura fallu près de deux ans de démarches pour transformer le magasin de textile en salon de barbier de huit fauteuils. « Mon père se chargeait d'habiller les hommes, et nous, on se chargeait de les entretenir. On a toujours été dans l'homme, dans la famille. » Son père s'est éteint cette année ; ce salon continue de faire vivre son adresse, et cette page lui est dédiée.
Une maison, sept salons, aucun préféré
Demandez-lui son salon préféré, la réponse fuse : « Ce sont tous mes petits bébés. » L'identité de la maison est si cohérente qu'il lui arrive, au Panthéon, de regarder une colonne de pierre et un miroir et de se croire à Châtelet. Chaque adresse a pourtant son caractère : Châtelet le melting-pot vibrant au cœur de Paris, Saint-Lazare l'intimiste aux fidèles de dix ans, dont certains ont assisté à son mariage, les Champs-Élysées et son binôme historique avec Guillaume, Reims enfin, le plus ancien salon pour hommes de la ville, 80 ans d'histoire. « On ne considère pas qu'on l'a racheté : on considère qu'on en a hérité. » Le décor y a d'ailleurs été modernisé sans rien déconstruire de ce qui s'y transmettait depuis des décennies.
Le faire savoir
Thierry n'est ni coiffeur ni barbier, et il le revendique : « Dans la vie, il y a deux métiers : le savoir-faire et le faire savoir. » Le savoir-faire, il le confie aux meilleurs ; le faire savoir, c'est lui. Son regard de non-coiffeur est sa force : il se considère comme le premier client de la maison, exigeant sur tout, et fait chaque chose comme il aimerait qu'on la fasse pour lui. En onze ans, avec le planning de tous les salons en tête, il est probablement celui qui a vu passer le plus de clients de toute la maison.
Hors du salon
Sa passion est la continuité de son travail : sa femme et ses deux enfants, dont il s'occupe comme il s'occupe de ses équipes, en papa poule assumé, et les belles tablées entre amis. Quant à son produit fétiche, la boucle est bouclée : c'est l'huile à barbe Dr K à la menthe, 100 % naturelle, celle-là même qu'il avait payée une fortune il y a onze ans, relayée par le baume de la même gamme quand sa barbe s'allonge. Il ne l'a jamais quittée : fidèle en amitié comme en cosmétique.
